La crise du post-partum

Celle-ci vaut vraiment le détour : une crise à rallonge qui duuure et se prolooonge…

Je l’ai expérimentée pour 3 accouchements sur 4 et je peux donc dire que cette crise-là a un profil bien particulier que je n’ai jamais retrouvé en aucune autre circonstance.

Alors, pourquoi Aura ne m’a-t-elle pas rendu visite après la naissance de mon premier enfant, ça, je ne me l’explique pas.  Elle boudait, peut-être ? Ou alors… Elle était JALOUSE (la vilaine) ?! Ça doit être ça.  Elle qui avait été si présente tout au long de cette première grossesse, on peut dire qu’elle a brillé par son absence dans les jours qui ont suivi l’heureux évènement (et personne ne s’en est plaint !).

Mais elle s’est rattrapée pour les trois naissances suivantes ! Oh, elle n’a pas rappliqué tout de suite à la maternité dès l’annonce de la nouvelle, pour une petite visite éclair. Non ! Madame a pris le temps de soigner son entrée, voyez-vous. Elle ne s’est pointée que deux jours après l’accouchement, avec la ferme intention de m’accompagner pendant… toute une semaine ! Un évènement aussi important dans ma vie ? Elle n’allait tout de même pas être en reste, hein ?! Il fallait bien qu’elle soit de la partie !

Une semaine d’une douleur latente avec des troubles à répétition. Une fois, j’te vois, une fois j’vois plus rien ! Tantôt, je parle, tantôt, je n’ai plus de mots en magasin ! La même crise qui se répète indéfiniment… J’suis dans un état… vraiment très proche de l’Ohio ! Entre deux « poussées » de ce que j’appelle les « troubles annexes », je marche au ralenti… Et évidemment, personne autour qui comprenne !

Quoique, j’ai eu affaire une fois à une infirmière de nuit qui a tout de suite compris de quoi il s’agissait en me voyant peiner pour trouver mes mots (je voulais lui demander des antalgiques mais, pfff… que c’était dur de mettre ces mots dans le bon ordre !). Elle m’a interrompu en me disant qu’elle avait la même chose et a couru me chercher les comprimés que j’avais tant de mal à lui demander. Une vraie bouffée d’air ! Comme je la remercie !!!

Les compagnes de chambres que j’ai eues n’ont pas été aussi compréhensives, avec leurs visites bruyantes et leur télé allumée à longueur de journée alors que j’aurais tant aimé un peu de calme pour récupérer entre deux « poussées ».

Quant à la puéricultrice, elle m’a dévisagée bizarrement quand je lui ai demandé de donner le bain à ma fille, le troisième jour : « je suis migraineuse. Avec les crises, je n’ai pas de sensibilité au bout des doigts, j’ai peur de la laisser tomber »… Regard sceptique. Visiblement, elle n’a jamais entendu parler d’Aura. Elle croit sans doute que je simule je ne sais quoi…

Là-dessus, la gynéco arrive et me demande comment ça va. Je lui explique que c’est le troisième jour et que, comme après chaque accouchement, Aura est là… Quelle naïveté ! Est-ce que j’ai vraiment cru qu’elle allait me dire « mais oui, Madame, c’est la fameuse migraine du post-partum ! »…

« Des migraines en post-partum ? Non, je n’ai jamais entendu ça… Vous devez être déshydratée à cause de la clim. Il faut boire plus ! » Mouais… Elle non plus ne connaît pas Aura. Comme si on pouvait la confondre avec autre chose !

Seule, comme toujours

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La crise de grossesse

Les années passent. Aura maintient sa vitesse de croisière avec de petites visites trimestrielles qu’elle me rend en toute discrétion. La vie s’écoule…

Jusqu’au jour où : une crise (une : rien d’anormal à ça) ; puis une deuxième, quelques jours plus tard (quoi, déjà ?) ; puis une troisième dans la foulée (encore ?!). Waouw ! Aura ne peut plus se passer de moi , on dirait ?! Il se passe quelque chose. ÉvidemmentAura, elle, a tout compris avant moi : je suis enceinte !

Voilà notre Aura bourrée d’hormones et ça lui donne un grain de folie ! Pour cette première grossesse, elle sera pleine de fantaisie : respecter l’ordre établi — troubles de la vue, picotements, aphasie ? Mais tu rêves, ma pauv’fille !!! On est enceintes, quoi ! On s’amuse !!! Et vas-y que j’t’emmêle et que j’t’embrouille avec des crises toutes plus bizarres les unes que les autres.

– Bon, Aura, tout ça c’est bien joli mais j’suis un peu fatiguée, quand même. Tu pourrais pas me laisser souffler un peu ? J’ai cours, là…

Mais Aura fait la sourde oreille et les crises se succèdent, me plongeant à chaque fois dans la confusion : composer un n° de téléphone (ben oui, avant le portable, il fallait composer les numéros soi-même !!!), se souvenir d’une liste de vocabulaire, d’une règle de grammaire apprise la veille ? Peine perdue, avec Aura ! Elle vient tellement souvent que j’ai du mal à récupérer entre deux visites ! Sans compter que l’état nauséeux qui accompagne la crise ne fait pas très bon ménage avec l’appétit capricieux d’une femme enceinte.

Faut-il préciser au passage que c’est à ce moment-là que j’ai soigneusement rangé mes fameuses lunettes au fond d’un tiroir, où elles dormiraient encore si je n’avais pas déménagé depuis… Migraine ophtalmique = problème de vue ? Mon œil !

Pour mes 3 grossesses suivantes, Aura sera un peu plus conformiste, certes, mais tout aussi pressante. J’ai beau la connaître par cœur, quand je la verrai revenir 4 fois en 2 jours, bonjour la panique ! Ce sera pourtant lors de ma quatrième grossesse (et je ne serai donc plus une débutante en la matière), mais 4 fois en 2 jours : c’est flippant, même pour une pro de la migraine ! J’en parlerai très vite à ma gynécologue lors d’une visite de contrôle, espérant quelques réponses de la part d’une spécialiste… Mais rien. Pour ce genre de problèmes — me dira-t-elle — il faut s’adresser à un neurologue… Oui, mais moi, je lui parlais d’un problème hormonal (?!).

On est bien seul(e)s, n’est-ce-pas, face à notre Aura ?