La crise à retardement

Comme une bombe ! Aura se fait explosive pour vous prendre en traître !

C’est d’abord une petite crise sans prétention, de celles qui vous immobilisent une petite heure de rien du tout et vous laissent tout juste un léger picotement dans la tempe…

Après une courte parenthèse, vous pensez joyeusement pouvoir reprendre le cours de votre vie comme si de rien n’était. Vous vous extasiez même du fait que ça n’ait pas duré plus longtemps et que ça n’ait pas été plus douloureux… Eh ben, vous ne devriez pas vous réjouir trop vite !

Vous croyiez vraiment qu’Aura allait se contenter d’une visite aussi discrète ? C’est mal la connaître ! La voilà qui revient en force vous torturer dans votre sommeil. Et vas-y que je me tourne et que je me retourne dans mon lit, cherchant vainement une position pour soulager cette douleur cuisante.

Nuit douloureuse. Réveil nauséeux. Matin au ralenti : surtout ne pas bouger la tête ; ne pas se pencher ; ne pas hausser la voix. Coûte que coûte, braver cette insupportable envie de vomir pour avaler quelque chose et pouvoir prendre un comprimé…

Aura frappe quand elle le veut…

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Petit bilan annuel

C’est bizarre, la vie, parfois : depuis que j’ai créé ce blog, je n’ai jamais autant parlé d’Aura, alors qu’elle, de son côté, m’a largement laissée tranquille cette année !

Enfin, je parle de l’année scolaire ; parce qu’avant de déménager à la fin de l’été dernier, c’était crise sur crise ! Au moins une visite par semaine. Et après le déménagement, hop ! Aura a disparu dans un claquement de doigts, comme par magie…

A peine 2 crises pour toute une année scolaire… C’est incroyablement, agréablement, formidablement PEU !!!

La première m’a surprise en novembre, alors que je me recueillais sur la tombe de ma belle-mère, trois jours après ses funérailles. De douloureux moments sur lesquels je ne souhaite pas m’étaler ici, mais que je tiens malgré tout à mentionner parce que c’est vraiment la toute première fois que j’ai pu relier une crise avec un évènement émotionnel intense dans ma vie.

La seconde m’a prise de cours au volant et en valait bien 10 à elle toute seule (jugez plutôt) ! C’est elle qui m’a poussée à créer ce blog, une idée qui ne m’avait jamais effleurée auparavant. J’étais occupée par un tout autre blog qui me trottait dans la tête. Je peinais un peu sur la mise en place : choix du thème, du nom, des catégories… Mais après cette crise double, particulièrement virulente, j’ai eu envie de lire des témoignages ; de voir si d’autres que moi avaient expérimenté ce genre de crise dédoublée. J’aurais bien voulu me rassurer, vérifier que ça arrivait aussi aux autres… Mais rien ! Je n’ai rien trouvé. Je sais maintenant que si j’avais cherché migraine ophtalmique au lieu de migraine avec aura, j’aurais peut-être eu plus de chance, puisque ce terme semble plus usité en français. Mais bon…

Ça m’a pris comme ça : exactement comme une crise ! En un clin d’œil, le blog a été fin prêt ! Tout s’est agencé très facilement. Tout semblait aller de soi, à croire que les mots pour parler d’Aura n’attendaient que ce blog pour se déverser sur mon clavier ! Et comme j’étais au ralenti, couchée et encore douloureuse, j’ai tout choisi en fonction d’Aura : un fond blanc reposant, un thème simple, sans tralalas, sans effets d’optique gênants, une image que je ne pouvais même pas regarder le jour où je l’ai choisie comme en-tête, tant elle me rappelait mes crises de jeunesse

Voilà pour ce petit bilan : 2 crises pour toute 1 année scolaire ; 1 blog à la clé…

Et si Aura était un plus ?!

En parcourant forums et autres groupes de migraineux ces derniers temps, je me suis rendue compte d’une chose : finalement, je vis assez bien le fait qu’Aura m’impose sa compagnie !

Aura fait partie de ma vie. C’est comme ça. De toute façon, elle ne m’a pas demandé mon avis et même si je n’étais pas d’accord, ça ne changerait rien, n’est-ce pas ?! Elle est là, c’est tout.

Je ne l’ai jamais considérée comme une ennemie qu’il me faudrait combattre. Ni comme une catastrophe qui me tomberait dessus régulièrement et dont je voudrais me plaindre… Ça, non. La migraine, ce n’est pas bien grave en comparaison avec ce que d’autres ont à surmonter dans leur vie.

Pour moi, elle a toujours été comme un héritage – un peu douloureux et parfois envahissant – que j’aurais reçu du fin fond des âges. J’imagine des générations de migraineux qui m’auraient précédée ; toute une lignée dans laquelle je ne serais qu’un maillon : mon père avant moi, mon grand-père avant lui… Mon fils (un seul, pour le moment) après moi…

J’ai toujours trouvé que c’était une sorte d’avantage d’avoir à composer avec Aura. Grâce à elle, je sais certaines choses que d’autres, peut-être, ne savent pas…

Je sais qu’on ne contrôle pas tout. Je sais qu’on a beau tout planifier, tout organiser, avoir un emploi du temps réglé comme du papier à musique, quand le corps dit stop, c’est lui qui a le dernier mot. Il faut bien s’arrêter ; mettre sa vie entre parenthèses pour quelques heures.

Je sais que la perception que nous avons du monde qui nous entoure est bien fragile. Et vos mots : vous les croyez bien solidement ancrés dans vos neurones ?  Si seulement vous saviez… En un clin d’œil, ils peuvent vous filer entre les doigts !

Je sais que la douleur fait partie de la vie et qu’on peut vivre avec. Sereinement.

Je sais qu’il faut savoir s’accorder le temps de la récupération ; accepter de se mettre au ralenti un moment alors que le monde court autour de nous. Il est bien pressé, ce monde ! Qu’il continue donc sa course effrénée sans nous !

Pour la migraineuse que je suis, les lendemains de crise, c’est tout doux, tout doux…

La « non crise » d’allaitement

Une « non crise », en effet, puisqu’elle semblerait inexistante !

Au moment de rassembler mes souvenirs pour écrire ce post, qui aurait dû s’appeler « la crise d’allaitement », je me suis rendue compte que finalement… non ! J’ai rien là-dessus ! Au-delà des longues crises du post-partum, pas le moindre souvenir de visites d’Aura pendant les périodes d’allaitement. Il y en a peut-être eu, mais je ne m’en souviens pas, toute occupée que j’étais à materner ma progéniture !

Un peu de calcul pour résumer les choses :

4 x 9 = 36 mois. Soit 3 ans de grossesse.

15 + 21 + 12 + 24 = 72 mois. Soit 6 ans d’allaitement.

3 + 6 = 9 ans et des poussières de maternage intensif…

En conclusion, si l’on prend en compte les petits moments de battement entre deux maternités, on peut dire que pendant 10 ans de ma vie, j’ai alterné les périodes de grossesse (crises en pagaille !) et les périodes d’allaitement (crises au point-mort). Je serais curieuse de savoir quel mystère hormonal se cache derrière ces fluctuations, pas vous ?

Au terme de ces dix ans, Aura s’empressera de reprendre tranquillement sa petite vitesse de croisière (3 ou 4 visites par an), jusqu’à ce que… — mais ça, c’est une autre histoire !

La crise du post-partum

Celle-ci vaut vraiment le détour : une crise à rallonge qui duuure et se prolooonge…

Je l’ai expérimentée pour 3 accouchements sur 4 et je peux donc dire que cette crise-là a un profil bien particulier que je n’ai jamais retrouvé en aucune autre circonstance.

Alors, pourquoi Aura ne m’a-t-elle pas rendu visite après la naissance de mon premier enfant, ça, je ne me l’explique pas.  Elle boudait, peut-être ? Ou alors… Elle était JALOUSE (la vilaine) ?! Ça doit être ça.  Elle qui avait été si présente tout au long de cette première grossesse, on peut dire qu’elle a brillé par son absence dans les jours qui ont suivi l’heureux évènement (et personne ne s’en est plaint !).

Mais elle s’est rattrapée pour les trois naissances suivantes ! Oh, elle n’a pas rappliqué tout de suite à la maternité dès l’annonce de la nouvelle, pour une petite visite éclair. Non ! Madame a pris le temps de soigner son entrée, voyez-vous. Elle ne s’est pointée que deux jours après l’accouchement, avec la ferme intention de m’accompagner pendant… toute une semaine ! Un évènement aussi important dans ma vie ? Elle n’allait tout de même pas être en reste, hein ?! Il fallait bien qu’elle soit de la partie !

Une semaine d’une douleur latente avec des troubles à répétition. Une fois, j’te vois, une fois j’vois plus rien ! Tantôt, je parle, tantôt, je n’ai plus de mots en magasin ! La même crise qui se répète indéfiniment… J’suis dans un état… vraiment très proche de l’Ohio ! Entre deux « poussées » de ce que j’appelle les « troubles annexes », je marche au ralenti… Et évidemment, personne autour qui comprenne !

Quoique, j’ai eu affaire une fois à une infirmière de nuit qui a tout de suite compris de quoi il s’agissait en me voyant peiner pour trouver mes mots (je voulais lui demander des antalgiques mais, pfff… que c’était dur de mettre ces mots dans le bon ordre !). Elle m’a interrompu en me disant qu’elle avait la même chose et a couru me chercher les comprimés que j’avais tant de mal à lui demander. Une vraie bouffée d’air ! Comme je la remercie !!!

Les compagnes de chambres que j’ai eues n’ont pas été aussi compréhensives, avec leurs visites bruyantes et leur télé allumée à longueur de journée alors que j’aurais tant aimé un peu de calme pour récupérer entre deux « poussées ».

Quant à la puéricultrice, elle m’a dévisagée bizarrement quand je lui ai demandé de donner le bain à ma fille, le troisième jour : « je suis migraineuse. Avec les crises, je n’ai pas de sensibilité au bout des doigts, j’ai peur de la laisser tomber »… Regard sceptique. Visiblement, elle n’a jamais entendu parler d’Aura. Elle croit sans doute que je simule je ne sais quoi…

Là-dessus, la gynéco arrive et me demande comment ça va. Je lui explique que c’est le troisième jour et que, comme après chaque accouchement, Aura est là… Quelle naïveté ! Est-ce que j’ai vraiment cru qu’elle allait me dire « mais oui, Madame, c’est la fameuse migraine du post-partum ! »…

« Des migraines en post-partum ? Non, je n’ai jamais entendu ça… Vous devez être déshydratée à cause de la clim. Il faut boire plus ! » Mouais… Elle non plus ne connaît pas Aura. Comme si on pouvait la confondre avec autre chose !

Seule, comme toujours

La crise étudiante

Une crise studieuse ! En réalité, cette crise-ci fait partie de la longue série de mes crises de grossesse. C’est une petite crise parmi tant d’autres mais je me souviens d’elle comme si c’était hier.

J’étais en plein examen de grammaire anglaise. Pas un test, non. Un vrai examen. De ceux qui sont déterminants pour réussir votre année — ou la rater. Tout se passait bien. Concentration maximale ; l’enjeu était de taille. J’étais plutôt satisfaite et je me voyais déjà avec une note tout à fait honorable…

Vous devinez la suite, bien sûr : paf ! Aura déboule sans prévenir ! Sauf que cette fois, elle ne s’annonce pas clairement, comme d’habitude, en me privant de mes yeux. Non, cette fois, elle vient se balader sournoisement dans mon nez… elle descend dans ma gorge… J’ai tôt fait de la reconnaître malgré tout, mais qu’est-ce que j’ai peur ! Qu’est-ce que c’est que cette nouveauté ? Le nez ? La gorge ? Et si ça se mettait à enfler et que je m’étouffe ?!

Évidemment, je me serai inquiétée pour rien et Aura n’aura pour conséquence malheureuse que la note décevante de mon examen : « Mais enfin, Mademoiselle Machin, je ne comprends pas ! Qu’est-ce qui s’est passé » ??? — Ben oui, hein ?! Qu’est-ce qui s’est passé ?! Vas-y, toi, Aura : explique-lui !

Maintenant que j’y pense, je me dis qu’avec tous les examens que j’ai passés pendant mes études (et sachant que j’ai mené 2 grossesses pendant cette période-là), c’est carrément un miracle de n’avoir eu qu’une seule crise « étudiante »…

La crise « de croisière »

Ni trop violente, ni trop fréquente.

Après la virulence de sa crise d’adolescence, Aura calme un peu ses ardeurs et adopte une fréquence de croisière.

Tandis que je m’installe avec enthousiasme dans ma petite chambre d’étudiante et du même coup, dans ma nouvelle vie de jeune adulte, elle prend l’habitude de me rendre une petite visite trois ou quatre fois par an. Elle passe, juste comme ça, presque en copine, histoire de ne pas me laisser l’oublier…

J’ai presque envie de dire qu’elle s’invite gentiment pour le café… A l’époque, c’est ce qu’on m’a conseillé de prendre : du café stretto stretto, noir bien sûr, avec du jus de citron ! Beurk ! C’est parfaitement imbuvable. Et totalement inefficace ! Tout comme le paracétamol, que je continue à prendre malgré tout dès qu’Aura débarque. J’ai aussi des lunettes qui traînent à peu près partout ailleurs que sur mon nez… Elles sont censées corriger un défaut visuel imperceptible qui serait à l’origine de ces migraines ophtalmiques