La « non crise » d’allaitement

Une « non crise », en effet, puisqu’elle semblerait inexistante !

Au moment de rassembler mes souvenirs pour écrire ce post, qui aurait dû s’appeler « la crise d’allaitement », je me suis rendue compte que finalement… non ! J’ai rien là-dessus ! Au-delà des longues crises du post-partum, pas le moindre souvenir de visites d’Aura pendant les périodes d’allaitement. Il y en a peut-être eu, mais je ne m’en souviens pas, toute occupée que j’étais à materner ma progéniture !

Un peu de calcul pour résumer les choses :

4 x 9 = 36 mois. Soit 3 ans de grossesse.

15 + 21 + 12 + 24 = 72 mois. Soit 6 ans d’allaitement.

3 + 6 = 9 ans et des poussières de maternage intensif…

En conclusion, si l’on prend en compte les petits moments de battement entre deux maternités, on peut dire que pendant 10 ans de ma vie, j’ai alterné les périodes de grossesse (crises en pagaille !) et les périodes d’allaitement (crises au point-mort). Je serais curieuse de savoir quel mystère hormonal se cache derrière ces fluctuations, pas vous ?

Au terme de ces dix ans, Aura s’empressera de reprendre tranquillement sa petite vitesse de croisière (3 ou 4 visites par an), jusqu’à ce que… — mais ça, c’est une autre histoire !

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La crise étudiante

Une crise studieuse ! En réalité, cette crise-ci fait partie de la longue série de mes crises de grossesse. C’est une petite crise parmi tant d’autres mais je me souviens d’elle comme si c’était hier.

J’étais en plein examen de grammaire anglaise. Pas un test, non. Un vrai examen. De ceux qui sont déterminants pour réussir votre année — ou la rater. Tout se passait bien. Concentration maximale ; l’enjeu était de taille. J’étais plutôt satisfaite et je me voyais déjà avec une note tout à fait honorable…

Vous devinez la suite, bien sûr : paf ! Aura déboule sans prévenir ! Sauf que cette fois, elle ne s’annonce pas clairement, comme d’habitude, en me privant de mes yeux. Non, cette fois, elle vient se balader sournoisement dans mon nez… elle descend dans ma gorge… J’ai tôt fait de la reconnaître malgré tout, mais qu’est-ce que j’ai peur ! Qu’est-ce que c’est que cette nouveauté ? Le nez ? La gorge ? Et si ça se mettait à enfler et que je m’étouffe ?!

Évidemment, je me serai inquiétée pour rien et Aura n’aura pour conséquence malheureuse que la note décevante de mon examen : « Mais enfin, Mademoiselle Machin, je ne comprends pas ! Qu’est-ce qui s’est passé » ??? — Ben oui, hein ?! Qu’est-ce qui s’est passé ?! Vas-y, toi, Aura : explique-lui !

Maintenant que j’y pense, je me dis qu’avec tous les examens que j’ai passés pendant mes études (et sachant que j’ai mené 2 grossesses pendant cette période-là), c’est carrément un miracle de n’avoir eu qu’une seule crise « étudiante »…

La crise de grossesse

Les années passent. Aura maintient sa vitesse de croisière avec de petites visites trimestrielles qu’elle me rend en toute discrétion. La vie s’écoule…

Jusqu’au jour où : une crise (une : rien d’anormal à ça) ; puis une deuxième, quelques jours plus tard (quoi, déjà ?) ; puis une troisième dans la foulée (encore ?!). Waouw ! Aura ne peut plus se passer de moi , on dirait ?! Il se passe quelque chose. ÉvidemmentAura, elle, a tout compris avant moi : je suis enceinte !

Voilà notre Aura bourrée d’hormones et ça lui donne un grain de folie ! Pour cette première grossesse, elle sera pleine de fantaisie : respecter l’ordre établi — troubles de la vue, picotements, aphasie ? Mais tu rêves, ma pauv’fille !!! On est enceintes, quoi ! On s’amuse !!! Et vas-y que j’t’emmêle et que j’t’embrouille avec des crises toutes plus bizarres les unes que les autres.

– Bon, Aura, tout ça c’est bien joli mais j’suis un peu fatiguée, quand même. Tu pourrais pas me laisser souffler un peu ? J’ai cours, là…

Mais Aura fait la sourde oreille et les crises se succèdent, me plongeant à chaque fois dans la confusion : composer un n° de téléphone (ben oui, avant le portable, il fallait composer les numéros soi-même !!!), se souvenir d’une liste de vocabulaire, d’une règle de grammaire apprise la veille ? Peine perdue, avec Aura ! Elle vient tellement souvent que j’ai du mal à récupérer entre deux visites ! Sans compter que l’état nauséeux qui accompagne la crise ne fait pas très bon ménage avec l’appétit capricieux d’une femme enceinte.

Faut-il préciser au passage que c’est à ce moment-là que j’ai soigneusement rangé mes fameuses lunettes au fond d’un tiroir, où elles dormiraient encore si je n’avais pas déménagé depuis… Migraine ophtalmique = problème de vue ? Mon œil !

Pour mes 3 grossesses suivantes, Aura sera un peu plus conformiste, certes, mais tout aussi pressante. J’ai beau la connaître par cœur, quand je la verrai revenir 4 fois en 2 jours, bonjour la panique ! Ce sera pourtant lors de ma quatrième grossesse (et je ne serai donc plus une débutante en la matière), mais 4 fois en 2 jours : c’est flippant, même pour une pro de la migraine ! J’en parlerai très vite à ma gynécologue lors d’une visite de contrôle, espérant quelques réponses de la part d’une spécialiste… Mais rien. Pour ce genre de problèmes — me dira-t-elle — il faut s’adresser à un neurologue… Oui, mais moi, je lui parlais d’un problème hormonal (?!).

On est bien seul(e)s, n’est-ce-pas, face à notre Aura ?

Ma migraine à moi

Elle survient comme ça, en un clin d’œil, sans raison apparente. Je n’ai rien fait de spécial. Je n’ai rien mangé ni bu d’inhabituel. C’est une journée tout à fait comme les autres… et boum !

Depuis des années, je cherche un fil conducteur, une logique. Un temps, j’ai cru avoir trouvé la réponse absolue : grossesse, accouchement, allaitement, prise de traitements hormonaux… Le lien était évident. À chaque bouleversement hormonal important correspondait une nouvelle vague de crises. Pourtant…

Un dernier « pic » complètement inexpliqué ces dernières années est venu remettre en cause mon hypothèse du tout hormonal !

Retour à la case départ, avec de nouvelles inquiétudes et des questions en pagaille…