La crise à retardement

Comme une bombe ! Aura se fait explosive pour vous prendre en traître !

C’est d’abord une petite crise sans prétention, de celles qui vous immobilisent une petite heure de rien du tout et vous laissent tout juste un léger picotement dans la tempe…

Après une courte parenthèse, vous pensez joyeusement pouvoir reprendre le cours de votre vie comme si de rien n’était. Vous vous extasiez même du fait que ça n’ait pas duré plus longtemps et que ça n’ait pas été plus douloureux… Eh ben, vous ne devriez pas vous réjouir trop vite !

Vous croyiez vraiment qu’Aura allait se contenter d’une visite aussi discrète ? C’est mal la connaître ! La voilà qui revient en force vous torturer dans votre sommeil. Et vas-y que je me tourne et que je me retourne dans mon lit, cherchant vainement une position pour soulager cette douleur cuisante.

Nuit douloureuse. Réveil nauséeux. Matin au ralenti : surtout ne pas bouger la tête ; ne pas se pencher ; ne pas hausser la voix. Coûte que coûte, braver cette insupportable envie de vomir pour avaler quelque chose et pouvoir prendre un comprimé…

Aura frappe quand elle le veut…

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La crise adolescente

Celle-ci a toute la fougue et la violence de sa jeunesse. Après quelques années de calme plat, Aura revient en force pour mes 16 ans et là, chacun de ses passages me met K.O. pour 3 jours complets ! La douleur est insoutenable. Quoi que je fasse, rien ne la soulage. On m’a prescrit des comprimés à la caféine. Non seulement ils n’ont aucun effet, mais en plus, ils sont parfaitement infects et me rendent encore plus nauséeuse.

Je me revois en cours de français. Aura est là mais je ne veux pas me faire remarquer : j’attendrai la fin du cours pour m’éclipser discrètement… Je m’efforce malgré tout de continuer à prendre mes notes. J’entre sans même m’en rendre compte dans une sorte d’état second… La voix de la prof vient résonner étrangement à mes oreilles : « Vous ne vous sentez pas bien, Marie » ?

Il faut deux camarades pour me soutenir dans les escaliers : 3 étages pour descendre dans la cour, 2 pour monter jusqu’à ma chambre, à l’internat. J’y resterai clouée au lit pendant des heures, cherchant vainement une position pour soulager cette douleur. Je me serais tapée la tête dans les mûrs si ça avait pu y faire quelque chose !

Quand je jetterai un coup d’œil à mes notes de français, quelques temps après, je comprendrai ce qui avait alarmé la prof : à un moment donné, sur la feuille, on voit mon écriture partir complètement en vrille !!!  Entre nous, je n’ai plus jamais essayé de tenir le coup par la suite. C’est depuis lors que j’ai pris l’habitude de me mettre hors service dès qu’Aura pointe le bout de son nez. Je n’oppose aucune résistance ! Aura est là ? Hop : mes cachets et au lit !!! Tout ce que je veux, c’est réussir à plonger dans le sommeil avant de perdre mes mots.

Ah oui, j’allais oublier : la conclusion « logique » de ce nouveau pic de migraines ophtalmiques ? …Retour chez l’ophtalmo, bien sûr !!!